Le Sénat suisse a voté l’interdiction de la vente de cigarettes électroniques jetables, finalisant une démarche législative lancée par la Chambre des représentants en 2024. Ce mouvement décisif répond à la hausse rapide de vapes aux couleurs vives, conçues pour séduire les jeunes, et aligne la Suisse sur une vague croissante de pays européens qui restreignent les produits du tabac à usage unique.
Christophe Clivaz, parlementaire du Parti vert, à l’origine de la motion, a averti que les vapes jetables contournent souvent les contrôles de sécurité. Certains produits dépassent le seuil légal suisse de 20 mg/ml de nicotine, délivrant des sels de nicotine hautement addictifs équivalents à plusieurs paquets de cigarettes traditionnelles.
Flavia Wasserfallen, parlementaire du Parti social-démocrate, a repris à son compte ces inquiétudes, en soulignant que de bas prix et des designs attrayants ciblent directement les mineurs. Au-delà des risques graves pour la santé et de l’addiction, Wasserfallen a noté que les vapes jetables génèrent d’importants déchets environnementaux et des coûts de nettoyage public.
Le Conseil fédéral et des opposants de droite ont d’abord résisté à l’interdiction, arguant qu’elle créerait des barrières techniques au commerce puisque l’Union européenne ne dispose pas d’une interdiction unifiée. Toutefois, la ministre de la Santé Elisabeth Baume-Schneider a accepté la décision parlementaire, reconnaissant que des mesures alternatives, comme la taxation, n’auraient pas le même effet dissuasif.
Grâce à ce vote, la Suisse rejoint ses voisins européens comme la France et le Royaume-Uni, ainsi que des cantons suisses locaux tels que le Valais et le Jura, en prenant des mesures directes contre l’épidémie de vapotage avec produits jetables.