La Belgique interdirait de fumer et de vapoter sur toutes les terrasses extérieures de l’hôtellerie à partir du 1er janvier 2027. Approuvée par le Conseil des ministres en septembre 2025, cette réglementation vise les espaces de restauration en extérieur et un périmètre de 10 mètres autour de ceux-ci afin de limiter l’exposition à la fumée secondaire et de freiner l’initiation à la nicotine chez les jeunes.
Le secteur de l’hôtellerie soulève des inquiétudes économiques et pratiques
L’interdiction à venir a suscité des inquiétudes parmi les professionnels de l’hôtellerie belge (Horeca), qui s’attendent à une baisse de la fréquentation. Michel De Triest, gérant du restaurant Poechenelle Kelder à Bruxelles, prévoit un impact financier négatif. « Il y aura un impact économique comparable à celui que nous avons connu lorsque nous avons commencé à interdire de fumer à l’intérieur », a prévenu De Triest.
D’autres chefs d’entreprise remettent en question la faisabilité de faire respecter une zone tampon de 10 mètres dans les zones urbaines denses. Jean-Philippe Bosman, gérant de la brasserie Le Roy d’Espagne à Bruxelles, a souligné les difficultés pratiques. « Vous avez des terrasses tous les 10 mètres. Quelqu’un devra m’expliquer comment vous comptez appliquer cette règle », a déclaré Bosman.
Règles de conformité et responsabilité du client
Selon les nouvelles règles, les établissements doivent installer une signalisation d’avertissement claire, retirer tous les cendriers extérieurs et intervenir si un client allume une cigarette. Si les entreprises respectent ces obligations, la responsabilité juridique est transférée au client fautif. Les contrevenants s’exposent à des amendes qui devraient s’aligner sur les sanctions actuelles liées au tabac, allant de 208 € à 8 000 €.
Les municipalités locales conservent le pouvoir d’accorder des exemptions temporaires pour des événements extérieurs spécifiques, tels que les marchés de Noël et les festivals.
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Les défenseurs de la santé soutiennent le changement
Des spécialistes de la santé défendent cette politique comme une étape nécessaire pour faire évoluer les habitudes sociales. Nora Mellard de la Fondation contre le Cancer a précisé l’objectif de la loi. « Ce ne sont pas les fumeurs qu’on chasse des terrasses, c’est la fumée », a expliqué Mellard. « La terrasse est aussi un endroit où les personnes qui fument ont tendance à le faire de manière mécanique. C’est une façon de rendre les gens plus conscients de chaque cigarette. »
Cette interdiction sur les terrasses fait suite à d’autres mesures restrictives en Belgique, notamment la taxe sur le e-liquide de 2024 et l’interdiction d’affichage au public de 2025. La politique positionne la Belgique comme l’un des régulateurs les plus stricts d’Europe, en contraste avec la France voisine, qui autorise encore le vapotage sur les terrasses extérieures ouvertes.