La Cour constitutionnelle de Lettonie a confirmé des modifications législatives interdisant les liquides pour cigarettes électroniques aromatisés et les substituts du tabac. La décision rejette les poursuites intentées par les fabricants de cigarettes électroniques Pro Vape et SIA MASS Industry, confirmant que les priorités de santé publique l’emportent sur les droits de propriété commerciale en vertu de la Constitution lettone.
Le litige juridique a commencé avant l’entrée en vigueur des restrictions. Pro Vape, qui fabrique des cigarettes électroniques sous la marque « Salt », et SIA MASS Industry ont contesté les modifications adoptées par la Saeima en janvier 2024. Les entreprises ont fait valoir que l’interdiction violait l’article 105 de la Constitution, qui protège le droit à la propriété et l’activité commerciale.
La santé publique prime sur les droits de propriété commerciale
La Cour constitutionnelle a reconnu que les nouvelles règles entravent les activités économiques des requérants et limitent leurs droits de propriété. Toutefois, la cour a estimé que cette entrave est justifiée par la nécessité de protéger la société.
Citant des études de santé, la cour a indiqué que la nicotine est fortement addictive et présente de graves risques pour la santé. La cour a souligné qu’à partir de 2020, la propagation de l’usage de la cigarette électronique en Lettonie a progressé plus rapidement que dans les autres pays de l’Union européenne, notamment chez les enfants et les adolescents. Malgré les interdictions existantes de vente aux mineurs, l’accès des jeunes demeure élevé, et l’addiction à la nicotine se développe chez les adolescents plus vite que chez les adultes.
The court stated that the purpose of the regulation is to protect the right to health by establishing stricter rules for nicotine-containing products. « The benefit that society receives from the restriction of fundamental rights exceeds the damage caused to entrepreneurs, » the court concluded in its ruling.
Restrictions clés prévues par la loi modifiée
Les modifications introduisent plusieurs règles pour le marché letton du tabac et de la vape :
- Restrictions de saveurs : La commercialisation des e-liquides et des substituts du tabac contenant des agents aromatisants est interdite. La seule exception concerne les agents aromatisants qui imitent l’odeur ou le goût du tabac.
- Additifs d’inhalation : Les produits du tabac et les e-liquides ne peuvent contenir d’additifs facilitant l’absorption de la nicotine, notamment le menthol, ses analogues et le géraniol.
- Aspect des produits : La loi interdit la production et la vente de produits à fumer qui ressemblent visuellement à des bonbons, des snacks ou des jouets.
- Plafonds de nicotine : Les substituts du tabac sont soumis à une limite maximale de concentration en nicotine de quatre milligrammes par gramme.
- Canaux de vente : Les ventes à distance, y compris les achats en ligne depuis l’intérieur ou l’extérieur de l’UE, sont interdites. L’Administration des recettes d’État (VID) a le pouvoir de saisir les envois postaux contenant ces produits s’ils sont adressés à des particuliers.
Amendes plus sévères en cas de vente aux mineurs
La loi relève également l’âge légal pour acheter du tabac, des substituts du tabac et des dispositifs de cigarette électronique de 18 à 20 ans. En parallèle, le gouvernement a augmenté les sanctions pour les détaillants qui vendent ces produits à des acheteurs mineurs.
Les employés individuels pris en flagrant délit de vente à des personnes de moins de 20 ans encourent des amendes allant de 280 € à 700 €. Pour les entités commerciales, les amendes vont de 700 € à 7 100 €. Auparavant, l’amende maximale pour les entreprises vendant à des mineurs était de 1 400 €.
Tout en maintenant la loi, la cour a exhorté le législateur à surveiller le marché illégal et à suivre la manière dont les entreprises tentent d’introduire de nouveaux produits à base de nicotine afin de s’assurer que la réglementation reste efficace pour protéger la santé des jeunes.